AVEC TOUT MON RESPECT
mais tout de même....
S'il est comme un poisson dans l'eau, dans son élément de pacotille
ben moi je dis :
Y'en a marre !
Y'en a même vraiment marre !
Qu'on soit pour, qu'on soit contre, qu'on soit même prétendante à être tout contre, y'en a ras la couenne, plein le c.., assez, la coupe est brisée tellement elle ne peut plus, de nous les briser
menues (tellement brisées que mon corpus femini n'en a pas héhé) avec des histoires dont on se bat les couettes !
Mais que tous ces gens, et certains en particulier, se tapent Minnie ou sa soeur, la Belle ou la Bête, mais je m'en fous royalement. Du moment qu'ils ne sortent pas avec ma mère, je m'en
balance !
Qu'ils se marient n'a jamais été un phénomène de société, il y en a des milliers chaque mois et sans doute bien plus crédibles et moins people.
Qu'ils s'aiment, grand bien leur fasse, mais on n'est pas chargé d'en être témoins quand on ne sera pas conviés à la noce !
Qu'à côté de ces foutaises paradesques on nous balance la franchise médicale, que ma dite mère se morde les doigts parce que le litre d'essence atteint par endroit les 1€50, qu'on se regarde avec
mon mari pour savoir auquel de nos deux mômes on achète (en solde) un jean ce mois ci parce qu'ils ont trop grandi, qu'on se demande s'il reste encore assez de viande dans le congél pour
surtout ne pas retourner en courses et pouvoir payer toutes les assurances de ce mois-ci, ça , qu'on se demande aussi si finalement on ne va pas prendre le bus au lieu de la voiture, ça me
préoccupe autrement.
Parce que c'est pas demain qu'on va aller s'esclaffer à Mickey ou ailleurs pour égayer notre esprit préoccupé, pas demain.
Parce qu'on ne vend pas des photos de presse avec mon homme par la main pour se faire encore plus de fric. La télé on la foutra à la poubelle quand la redevance va augmenter, on s'en fout
puisqu'on n'aura plus le temps de la regarder, trop crevés à bosser.....
Les pubs, il sont raison de les enlever, on ne pourra bientôt plus rien se payer à ce rythme là.
A quand les congés payés qu'on nous payera oui, pour ne plus qu'on les prenne ?
Je suis de 1968 et à 40 ans de cette année là je ne m'en suis jamais sentie aussi proche. Ou de 1936....j'hésite.
J'ai mal pour mon pays, peur aussi. Pour nos enfants avant nous mêmes.
Je voudrais me cacher ce soir derrière une tête de Mickey pour faire rire mes gosses le plus longtemps possible même s'ils comprennent déjà le malaise parce que sans cesse on leur répète : "non,
c'est trop cher, on ne peut pas....."
Maman , promets moi que tu ne lui cèdera pas ! lol Tu as un tout autre charisme, crois moi, un vrai.....
Février. Douce lumière d'hiver qui entoure les sourires.
Les enfants qui s'ébattent en folles cavalcades et les grands échangent des regards rieurs.
Le soleil qui chavire et taquine les esprits vers un tout peti peu de nostalgie en plus .
Hier est déjà loin et l'on se laisse aller.
Il est là, troubadour des instants égarés, assis sous la grande arche, il parle à demi-mots.
Le canotier posé sur lui, comme une virgule, l'homme étend son récit au delà de nos yeux.
Comme un conteur d'antan il peint le paysage, de mots plein de magie et de plus de soleil.
Sous l'arbre tortueux il assied ses couleurs, pour refaire une vie aux âmes malheureuses ou caresser de joie les êtres affamés.
Les amoureux transis se suspendent à ses lèvres pour écouter en mots ce que battent leurs coeurs. Il offre l'unisson à toutes les ardeurs, ce poète chapeauté qui distille les heures.
Février. Douce torpeur d'hiver qui entoure les soupirs.
Les enfants se rabattent autour de leurs parents.
Le vieux conteur ramasse son canotier tombé et offre aux passants un sourire rassasié.
Troubadour du soleil, il s'ébroue dans ses mots et sa frêle palette dessine gracilement
Des silhouettes agiles qu'il habille de mots, au gré des fantaisies que ses phrases imaginent.
Février. Canotier. Un poète s'est assis. Sous l'arbre dénudé a déballé sa prose.
Et le soleil est né soudain de tant de choses.
Février résonnait de rires retrouvés.
7h30. Ou 38 peut être.
Depuis des mois la route défile comme un long ruban d'asphalte, tous les matins, à la même heure.
Ca fait des mois que la pluie rayonne sur le paysage et que le soleil lui se fait timide sous le manteau de nuit.
Elle guette.
Une minute, puis une de plus. 7h30. Ou 38, enfin, et ce matin là, chouette, il fait déjà jour.
C'est décidé, ce matin, elle fera une fois de plus le pied de nez aux habitudes et, trop joyeuse de cet aparthée, se garera n'importe où pour caler ce bout de nature dans sa journée, il la nargue
depuis trop longtemps.
Ras le bol de courir sitôt quittée la maison, à mater inlassablement les feux arrière du véhicule précédent presque par mimétisme, tourner le volant, juste avant le petit pont, sur le chemin "du
bois d'amour".
Il n'y a plus de bois depuis longtemps d'ailleurs. Quant à l'amour....ce n'est pas le soucis du moment.
7h30. Ou 38.
Saisir l'instant, ça ne durera que quelques enjambées fôlatres dans la froideur du matin.
Ca caille. Mais alors qu'est ce qu'elle s'en fout !
Ce matin le brouillard s'est arrêté et elle est enfin descendue de voiture.
Depuis le temps. Depuis le temps qu'elle prenait stupidement cette route en se disant : "faudrait quand même que je m'arrête et que je profite de ce petit coin"....
Et c'est plus fort qu'elle, elle jette là pas mal de grisaille et respire un grand coup. Ah bon sang que ça fait du bien.
Elle regarde le tourbillon se former et emporter une pensée puis une autre. Elle doit sourire.
7h30. Ou 38.
Et en plus elle ne sera même pas à la bourre....
La voiture repart.
Et le brouillard se lève doucement.
55,30......55,45.....55,65...56,00...56,28.....
Merde, manque encore 3 centimes ! Rhaaaa depuis que c'est l'euro qui nous gouverne, pas moyen que ces fichues petites pièces rouges parviennent à se différencier les unes des autres.
-"Nath"
-"Oui, attends je compte...."
-"Nath, tu viens?"
-"Je ne peux pas je te dis."
-"Nath, regarde un peu le patio!"
Regarder le patio ????? Pour quoi faire?
Quatre fenêtres qui donnent sur une cour fermée par quatre murs qui les portent et, huit étages plus haut : le ciel. Peu de chances que l'unique touffe de verdure que je surveille de
très près prenne l'allure d'un baobab dans ce carré de béton de 4m sur 4 !
Alors bon, le patio, oui, bon, mais il n'y a franchement pas de quoi hurler. Je préfère m'en remettre à mon imagination pour ne pas manquer une évasion furtive.
Mais la voix reprend:
-"Nath, lâche tout et viens voir, vraiment ça vaut le coup !"
Je vais essayer d'y mettre un maximum d'enthousiasme mais va falloir forcer la dose pour m'extasier sur les cailloux alentour. La chaise à roulettes fera amplement l'affaire pour un déplacement
qu'on pourra qualifier d'optimal puisque lié au taf autant qu'à mon bien être, paraît il.....
Alors quoi, on a abattu les murs, on y voit enfin de la verdure par les fenêtres?
Je ne regarde même pas où je vais. Je fais le con en lançant ma chaise de toutes mes forces vers l'ouverture.
La vue que j'ai m'arrête net : un bois.
Un bois , là devant mes roulettes (petite contrepétrie sympa)
Saperlipopette ! Elle avait donc raison. Je gratte pour voir s'ils n'ont pas tagué la fenêtre en douce, moyennant une ponction innopinée dans le budget de la société.
Ben non. Je n'ai plus qu'à aller enfoncer mes talons dans la gadoue et faire le piaf pour mes patients.
C'est qu'ils vont enfin m'accompagner au lieu de monter dans les étages. Sûr que ça les soignera bien plus efficacement....
Il est chouette ce chemin plein de feuilles et j'attends dans les starting block pour lancer la balade.
-" Nath, quel jour tu fais 18h00? C'est pas demain?....."
-"Hein?"
-" Je te demandais si..."
-"Ca fera jamais 56,31, la pièce est tombée sous les feuilles..."
-"...?..."
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